• nicolas

     

    Nicolas était un homme très spécial qui garde une place spéciale dans mes pensées. Il avait apparemment le don de guérisseur qu'il tenait, si j'ai bien compris, de sa grand-mère.

    Il disait de moi que j'étais attachante et me faisait parfois la « moue érotique » avec une petite mimique amusante. Il me disait auss « Tu sais Françoise, Y'a pas que l'amour dans la vie, Il y a l'amour aussi! », quelque chose comme ça.

    On aurait pu penser, à le voir faire le pitre toute la journée (il imitait par exemple des collègues qui se chamaillaient à cause de l'ouverture de fenêtres, ou répondait au téléphone en le tenant de telle sorte qu'il ne pouvait pas entendre son correspondant et lui faisait croire que la ligne était brouillée..) qu'il était superficiel.

    Mais c'était un garçon profond et sensible. Il s'est découvert lui aussi homosexuel sur le tard et a quitté sa femme pour s'installer avec son compagnon et tenir un restaurant, à ce que l'on m'a rapporté. Nous avions eu l'occasion de parler de la part de féminité des hommes, et je lui avais dit que je trouvais ça très bien, les hommes qui assumaient cette part d'eux....Je ne pensais pas si bien dire, car à l'époque, je ne lui connaissait pas de penchant pour les hommes.

    Ils nous a quittés aujourd'hui et je regrette son départ. C'était un ange à sa façon, et une part de lui m'est restée.

    Il a écrit ce merveilleux texte sur mon livre d'or et je ne résiste pas au plaisir de vous le retranscrire ici:



    Pensée noctune



    Entre Saturne et la lune se localise la direction de ma pensée. Un astre brille car il est animé.

    Je suis là, le regard tourné vers les étoiles.

    Je plonge ma scrutation dans l'obscurité, qui n'est obscure que pour ceux qui n'ont pas compris qu'il n'existe de plus beau moment que celui où s'étend face à nous le rideau sombre de la vérité

    Réfléchir de jour ou de nuit?

    La réflexion nait la nuit car c'est le moment privilégié qui nous révèle où se situe la racine de notre pensée.

    L'inspiration s'éveille avec la tombée du jour. A ce moment decend le silence, cessent les tourments car la nuit apaise et nourrit les êtres de cette force suffisante à l'oubli et à la renaissance de l'individu.

    Tel le foetus dans l'obscurité de la douce tiédeur maternelle, nous nous sentons enveloppés par la tranquilisante sensation d'être redevenu seul...

    Le recours au sommeil, c'est l'anéantissement. Le refuge idéal de la peur c'est son lit. Là dans le confort de la couche on oublie que l'on existe et l'on se plonge corps et âme dans le néant, dans ce triste passage de la vie à la mort. Le sommeil est l'équivalent de l'oubli mais avec l'absence du conscient.

    Ma soeur la nuit, je me couche dans la douceur de tes songes. Mons coprs se noie dans l'encre de tes veines et mon âme s'accroche au souffle de ton silence. Tu innondes de ton charmae le connu et l'inconnu. Tout est identique car de ta langueur, tu as fait sombrer le présent dans l'incertain.

    Je t'aime pour ta grandeur, les heures passent lentement, tu retiens les instants car avec toi repose le temps. Ta lumière existe mais seuls ceux qui te vivent peuvent la connaître.

    Amante tranquille, tu poses sur mes lèvres le baiser ambigü de ton existence. Tu me troubles car tu es trouble.

    Arrache moi la vérité que je porte au fond de moi. Désirable tu l'es, tu es une femme sensuelle et pure et dans ta profondeur j'ai besoin et envie de t'aimer.

    Nicolas



    Du coup, je me suis sentie inspirée, moi aussi, et j'ai écrit un poème sur la nuit:

    Eh oui, on fait ce qu'on peut..



    La nuit, c'est la saison des solitaires

    Le feu des isolés

    La joie des oubliés

    La nuit, tu as le droit de souffrir ou de te taire

    Le droit de n'être pas heureux.

    La nuit, tous les braves gens qui te jugent

    Dorment sur leurs deux oreilles.

    Alors tu as le dorit d'être toi-même

    Le droit, enfin, de te regarder.

    Car le jour tous ces regards

    Te blessent et te cachent à ta vue.

    Et tu souffres en silence.

    De ne pouvoir être toi.

    D'être sans cesse en représentation

    De cacher tes désirs

    De voiler ton plaisir

    Alors la nuit devant la glace

    Tu te regardes...en face

    Ce que tu vois n'est ni beau ni laid

    Ce que tu vois là, oui, c'est bien toi

    Qui n'a plus peur de fantasmer

    Car la nuit va tout effacer.



    Yael me dit que Nicolas me suit de l'autre côté de la vie et qu'il s'intéresse de près à mes aventures. moi, je pense peu à lui je l'avoue car je suis prise par ce qui m'arrive et mes inquiétudes qui s'estompent, mais je pense que quand je serai totalement apaisée, j'aurai plus de temps à lui consacrer ainsi qu'à d'autres esprits qui ont rejoint Yael pour nous aider dans notre tâche.






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